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Maître Matéo, sur un arbre perché, tenait en sa main un morceau de fromage, que tranquillement il dégustait. Le réveil étant encore tout récent, il ne fallait pas se surmener trop rapidement. Probablement qu'en après midi, il redescendrait de son arbre et irait vendre quelques autres potions aux clients de l'auberge. D'accord, ce n'était pas du grand art, et c'était même peut-être ce qu'il avait fait de plus misérable jusqu'à aujourd'hui. Mais, ça ne demandait qu'un minimum d'effort et ça rapportait quelques pièces d'or. Évidement, toutes ces potions étaient bidons, Matéo avait peu de notion d'herboristerie et encore moins de chimie. Dans un marché itinérant, il avait eu la chance de tomber sur un lot de bouteilles aux formes extravagantes. Son esprit de petit escroc avait tout de suite vue l'opportunité. Du jus de carotte, deux ou trois citrons, un peu d'alcool et pour couronner le tout, quelques racines et feuille trouvé par terre rendaient le liquide très authentique. Accompagné d'un savant discourt, ils s'envolaient comme des petits pains chauds. C'était facile et sans tracas.
De ce temps-ci, Matéo se la coulait douce. Parfois il se demandait s'il ne devrait pas s'activer un peu, mais son corps le rappelait rapidement à l'ordre. Tout ce qu'il avait à faire, c'était d'attendre, encore et encore. Matéo était actuellement confié à une période de latence forcé. Patient, il avait décidé d'attendre que le problème se disciple de lui-même. Un jour ou l'autre, cette chose devra bien partir. Et alors là...
Tien! Un client potentiel venait faire son apparition. C'était rendu tellement facile, qu'il n'avait même plus à courir après les acheteurs. Du haut de son arbre, Matéo regardait l'homme courir au sol. - {FIL} À l'aide! À l'aide! Un blessé dans la forêt! cria l'homme affolé.
Il était grand et maigre. Son pas de course désordonné certifiait un manque total de coordination motrice. S'ils n'étaient pas solidement reliés à son tronc, on aurait imaginé que ses quatre membres seraient partis dans des directions opposées. Ses cheveux étaient courts, mal coupés et sans éclat. Il portait une longue toge brune, propre mais sans plus. Malgré son apparente jeunesse, son visage portait les rides de l'homme qui ne sourit pas assez. Un intellectuel perdu, conclu Matéo. Proie facile et généralement bien grasse de la bourse. D'un mouvement calculé, il se laissa tombé de sa branche et atterri agilement juste devant l'homme en course. - {MAT} Ho-la! Mais que se passe-t-il mon brave? accueilla chaleureusement Matéo. - {FIL} Un... un homme... attaqué... dans le dos... mourrant là bas, réussit-il à dire entre deux bouffé d'air. - {MAT} Je ne suis pas soigneur malheureusement. Je crois que le plus proche se trouve à 2 kilomètres vers le sud. Mais attendez, vous m'avez l'air d'un homme bien. Je consens à me départir d'une de mes potions de guérisons personnelles pour vous. La valeur de ses potions est inestimable, mais comme la situation est visiblement urgente, je vous la laisse pour 20 pièces d'or.
L'homme le regarda interloqué, secoua la tête puis fouilla dans sa bourse. - {FIL} J'ai 14 pièces ici je crois. - {MAT} À vrai dire c'est très peu, mais comme il s'agit d'une urgence ça va aller.
Matéo saisie les pièces et remit sa potion. - {MAT} Voila! N'oubliez pas, une grande respiration avec la troisième et la cinquième gorgé. Il faut pincer le nez au début et après avoir but la dernière goûte, et on doit se tenir sur la tête une minute avant de se remettre debout...
Ces indications étaient loin d'être inutiles. Elles protégeaient Matéo lorsque les clients insatisfaits revenaient le voir avec leurs poings. Mais cette fois, l'homme était déjà loin. Matéo regarda sa main pleine d'or avec étonnement. Son allocation quotidienne avait été atteinte en une seule vente, qui de plus avait été très facile. Une autre journée à regarder le ciel, relaxer, boire, manger, et attendre, toujours attendre. Le dîner allait bientôt être servi à l'Auberge du Chaudron Doré. Il fallait arriver tôt pour avoir droit à une pointe de tarte aux fraises, il n'en cuisinait jamais assez. Matéo prit ses affaires, le tout étant contenu dans un sac à dos, et suivit l'odeur sucrée des fraises. Attendre, toujours attendre. Combien de temps serait-il encore capable de le faire. Son mentor lui avait enseigné la patience. Rien ne sert de grimper aux arbres, il suffit d'attendre et les fruits se poseront dans nos mais. Mais Matéo doutait que la chose après laquelle il attendait, vivait sur la même échelle de temps que lui. Parfois, il est nécessaire de donner un petit coup de pouce au temps, ou encore, livrer un grand coup de pied à l'arbre.
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