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Matéo versa la somme demandé par l'aubergiste pour lui et Filius. Il s'était engagé à débourser les frais de l'expédition après tout. Son engagement accomplit, il s'en retournant vers Filius resté assit à la première table à l'entré de l'auberge, la tête entre les mains. - {MAT} Voila, nous avons la chambre numéro 5 pour la nuit, les repas son inclus.
Filius se contenta de hocher la tête en signe d'approbation. Après que Matéo eut réussit à le réveillé ce matin, ils avaient levé le camp et marché sans escale jusqu'à la ville de Cornelius. Visiblement, c'était la distance maximale que Filius pouvait parcourir dans une journée. Mais cela ne dérangea pas Matéo. Il avait, comment dire, quelques emplettes à faire dans cette ville. - {MAT} J'ai quelques petites choses à aller acheter pour notre voyage. On reprendra la route demain matin à la première heure du jour. Si tu décide de te promener en ville, soi prudent, certains secteurs sont un peu dangereux, et je ne te parle pas des autres. - {FIL} Soi sans crainte, je ne sortirai pas d'ici. Mes pieds me ne le permettraient pas.
Bonne idée pensa Matéo. Il n'avait pas envi de partir à la rescousse de son compagnon de voyage. Sa tâche étant terminée, il sortig donc de l'auberge et se dirigea ver le marché central. Le marché central de Cornelius n'était ni particulièrement gros, ni particulièrement varié. Mais de toute façon, ce n'est pas véritablement le marché qui intéressait Matéo. Après avoir tourné quelques coins et emprunté diverses ruelles insalubres, Matéo tomba en plein coeur du marché. Il connaissait bien cette ville. Lui et son ancien associé, qui était plutôt son mentor, y avaient fait beaucoup d'affaire. Si par « affaire » on entend; chose que l'on élabore secrètement, applique méthodiquement, et qu'une fois terminée, l'on fuit silencieusement. Matéo tenait en mémoire un plan très détaillé de tous les recoins et passage de la ville, c'était indispensable dans son métier. En plus de connaître tous ses recoins, il connaissait aussi plusieurs de ses citoyens les plus influents. Si par « influent » on entend; personne que l'on doit garder dans ses bonnes grâces si l'on désire garder son sang à l'intérieur de son corps. Ce n'était pas des gens commodes, mais ils avaient beaucoup d'argent, et c'est justement ce que Matéo cherchait. Au travers de la foule dense qui animait le marché d'avant midi, Matéo glissait sans faire de remous. Il passa près d'un marchand de poisson à l'odeur révélatrice, s'en suivit un vendeur de tapis extraverti et d'un marchand de boeuf sous alimenté. En se faufilant entre deux tables, un poids lourd lui écrasa le pied. Matéo se tourna avec rage prête à injurier le malfaiteur, mais il se figea sur place en voyant un gros coffre qui se déplaçait sur une centaine de petits pieds. Matéo eu l'impression que le coffre lui jetait un regard mauvais, tel que seul un coffre serait capable de le faire. Puis l'étrange objet poursuivit sa course en bousculant sans ménagement la foule devant lui. Ce cartier devenait de plus en plus étrange, constata-t-il.
Voila enfin la ruelle qu'il cherchait. Un peu à l'écart du marché, s'ouvrait un mince passage peu accueillant entre deux lignés de bâtiments. Matéo s'y faufila, une main sur sa dague, l'autre sur sa bourse. À peine fut-il entré, qu'un mendiant l'accosta. - {NPC} Pardonnez-moi mon seigneur, auriez-vous quelques pièces pour un pauvre...
Matéo saisit le regard du mendiant jeter un coup d'oeil à droite, signe qui ne trompe pas. Sans même regarder, Matéo balaya du pied l'espace à sa gauche. Et comme il s'y attendait, il faucha les jambes d'un petit malin. Le pauvre mendiant sortie subitement une dague de ses haillons et fonça directement sur Matéo. Sans aucune difficulté, celui-ci para l'attaque, et d'un coup de pied précis, fit plier la cheville de son adversaire dans un angle peu naturelle qui immanquablement, entraîna sa chute accompagnée d'une bordée de juron. - {MAT} Vous manquez de pratique les gars. Et vraiment, changez de numéro, c'est tellement commun, commenta Matéo aux deux malfaiteurs qui avaient déjà pris la fuite.
L'important, c'était de ne pas perdre la main, pensa Matéo. Une petite visite dans cette ruelle de base fasse à tous les 3 mois maintenait la forme. Il poursuivit donc la visite de cette charmante petite allée. Ici l'agitation du marché publique faisait place à un calme sournois. À sa droite, un chat mort depuis plusieurs mois était agrafé sur une vieille porte en bois, à sa gauche, un carrelage de vitre tellement sale, qu'il laissait à peine voir la multitude de bougie brillée à l'intérieur du bâtiment. Un peu plus loin, un pentagramme pas très chrétien était peinturé sur un mur, et à quelques pas de là, une pièce d'or se faisait bronzer sur le sol. Ici on ne se penche sous aucun prétexte, sinon nos souliers risquent qu'être la toute dernière image que l'on aura prit du monde des vivants. Pas le meilleur souvenir que l'on peut apporter dans l'au-delà.
Finalement, voila ce qu'il cherchait, une petite porte en bois renforcé sur laquelle une main blanche qui y était peinturée : la Guilde. Matéo frappa à la porte selon le code compliqué qui y donnait accès. Après une vingtaine de toc-toc et re-toc, la porte s'ouvrit lentement. L'intérieur très exigu était décoré de rideau et de tapisserie aussi diverses qu'affreuses. L'air partiellement emboucané, filtrait la faible lumière des chandelles. Matéo pénétra dans le repère en penchant la tête pour ne pas se cogner au cadrage de porte. Il ne fallait pas se fier à l'apparence chaleureuse que voulait se donner l'endroit. Il s'engagea confiant dans le corridor recouvert de tapisserie exotique. Au passage, Matéo frappa trois petits coups sur un mur. - {MAT} Salut Willis, dit Matéo à voix basse.
Une trappe invisible sur le mur s'ouvrit. - {NPC} Salut Mat, répondit une voix en écho derrière le mur.
Quelques pas plus loin, en passant devant un large rideau noir, Matéo lança. - {MAT} Oups! Tu as un pied qui dépasse Carl.
S'en suivit un léger mouvement du rideau. - {MAT} Bien non, je t'ai encore eu, vieux malin, commenta Matéo sur un ton sarcastique.
Il déboucha finalement dans une petite chambre surpeuplée d'articles de décorations qui démontrait soi un manque total de goût, ou une envie d'effrayer les visiteurs. Au centre de la pièce, un large bureau noir dissimulait la moitié d'un vieil homme. Il se nommait Sirius, et il était le chef de la Guilde depuis une trentaine d'années. S'il pouvait se permettre de larguer Carl ou saluer Willis sans risque, Matéo savait qu'il devait agir avec extrême prudence face à cet homme. Sirius était un vieillard très petit, plutôt maigre, et arborait un crâne chauve couvert de tâche de rousseur. Ses grands yeux globuleux épiaient vos moindres mouvements et déchiffraient la moindre trace de langage corporel. Bien que Matéo était un expert dans l'art du mensonge, il ne se serait pas risqué face à Sirius. De plus, malgré son age avancé, cet homme était équipé d'étonnant réflexe et faisait preuve d'une agilité peu commune. Lors d'une précédente visite, Matéo avait été témoin de l'une des nombreuses tentatives de meurtre contre le chef de la Guilde. Avant même que Carl ait eu le temps d'ouvrir son rideau, l'assassin avait déjà perdu l'usage de ses deux yeux. Pour avoir le privilège d'atteindre un age avancé dans ce métier, il fallait avoir LE réflexe. Matéo s'approcha calmement du bureau, alors que Sirius pris l'initiative de la parole. - {SIR} Tien, tien, tien, si ce n'est pas de la grande visite, Matéo en personne, accueilla la voix rouillée de Sirius. - {MAT} C'est bien moi. Je viens par affaire, commença Matéo. - {SIR} Je m'en doute un peu, je ne reçois pas beaucoup de visite de plaisance, répliqua mélancoliquement Sirius avec un grand sourire. Mais avant les affaires, les nouvelles. As-tu encore contact avec ce vieux Léorad?
Léorad était l'ancien associé de Matéo, celui qui avait aussi joué le rôle de mentor durant plusieurs années. C'est avec un léger crissement dans la voie que Matéo répondit. - {MAT} Il n'est plus. Nous avons été attaqués par des paysans et il est mort de ses blessures. - {SIR} - Désolé, répondit Sirius sans démontrer la moindre émotion.
D'ailleurs, Matéo se doutait bien qu'il soit déjà au courant de la nouvelle. Peut de chose passait au travers du filet d'informations du chef de la Guilde. - {SIR} Tu sais, Léorad nous devait un certain montant d'argent, continua lentement le vieil homme.
Et voila, Matéo perdait le contrôle de la conversation. Ce n'était pas bien, pas bien du tout. - {SIR} Et, en tant que son élève, tu hérites de sa dette, conclu Sirius avec le sourire.
Ca allait de pire en pire pour Matéo. - {MAT} Bien, je serai heureux de tous rembourser. J'ai quelques réserves. - {SIR} Oui, je sais, accentua Sirius d'un large sourire édenté. - {MAT} À vrais dire, j'étais venu faire un petit emprunt, s'aventura Matéo. - {SIR} Ho, vraiment? répondit Sirius avec un ton qui ne laissait pas envie de répondre par l'affirmative. - {MAT} Bien, à vrais dire, je crois que je peux m'en passer, répondit Matéo résolu de suivre le sous-entendu. - {SIR} Sage décision. ET, tu n'oublie pas de nous remettre l'argent que Léorad nous avaient emprunté, ordonna sèchement Sirius. - {MAT} Non, bien sur. Laissez-moi seulement quelques jours pour aller collecter. À combien s'élève cette somme déjà? demanda Matéo avec une légère crainte dans la voie. - {SIR} 2 753 pièces d'or, avec les intérêts composés à la date d'aujourd'hui, répondit Sirius à la légère.
C'était une somme immense, mais les réserves de Matéo devraient la couvrir sans trop de problème. Il se demanda bien pourquoi son associé avait emprunté un montant pareille. - {MAT} Bien, je crois que je devrais y aller alors, se dépêcha de conclure Matéo. - {SIR} Oui, bonne idée, et n'oublie de nous revenir en santé, termina Sirius avec le sourire.
Définitivement, cette visite n'avait pas pris la tournure qu'il espérait. Matéo recula jusqu'au corridor, puis tourna le dos à Sirius et quitta la cache de la Guilde. Pour l'instant, Matéo n'avait pas à craindre pour sa vie, il devait un gros montant d'argent à la Guilde. Tant que l'on doit de l'argent à la Guilde, on ne meurt pas. On se fait casser les jambes ou brûler au fer rouge, mais on ne meurt pas. Il devait cet espoir de vie au fait que, son associé étant décédé, lui seul connaissait l'endroit où toutes ces richesses étaient cachées. Lui et son associé avaient accumulé une vraie fortune au fils des ans en prévision d'une retraite qui ne s'était jamais concrétisée. Matéo était riche, follement riche, mais il y avait un petit problème. La cache où était planqué toute sa fortune, n'était, comment dire, plus tout à fait facile d'accès. C'est à la grande bibliothèque qu'il espérait trouver réponse à son problème. Et d'après ce qu'il venait d'entendre, il ferait bien d'y trouver une solution au plus vite, s'il tenait à garder tous les petits morceaux de son corps intact.
Alors, si la Guilde ne voulait pas lui avancer l'argent, il faudrait utiliser la bonne vieille méthode. Et Matéo se mit à la préparation de son plan.
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