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Matéo, bercé par une mer calme, regarda le rivage s'avancer vers lui avec un soulagement quasi euphorique. Il n'aurait jamais cru revoir la terre de son vivant. La traversé de la mer à bord de la petite embarcation du vieux marin, avait été un total cauchemar. Durant la nuit, une tempête soutenue par des vagues de trois mètres avait pris le navire d'assaut. Matéo avait fait resurgir tous ces chapelets oubliés qu'on lui avait enseignés de force au monastère. C'était la toute première fois qu'il priait depuis son départ. Il n'en revenait toujours pas de contempler le rivage. À chacune des vagues qui se déferlait, la petite embarcation tanguait à la limite, les vents faisaient claquer dangereusement la voile, la pluie incessante s'engouffrait dans la cale, la coque se plaignait par des craquements inquiétant et le mat pliait comme un frêle roseau. Mais par chance, ou par la volonté des dieux, tous avaient tenu le coup, y compris le vieux marin. Matéo revoyait encore ces images étranges de ce vieux marin qui se tenait fièrement à la poupe du bateau, riant aux éclats en affrontant la tempête sauvage de plein front. En le regardant, on aurait cru un chef d'orchestre dirigeant les forces de la nature. De ces bras il encourageait les vagues et poussait les vents tel un dieu de la mer. Ces images avaient un quelques choses de mystiques que Matéo n'était pas près d'oublier. Chose certaine, le vieux marin était complètement fou, mais manifestement bénit des dieux. Et après tout, c'était l'unique chose qui comptait, se dit Matéo. Autre phénomène étrange de ce voyage, fut Filius. Matéo se serait attendu à se qu'il passe le voyage à balancer son souper par-dessus bord en incantant haut et fort tous les dieux de la terre. Mais non, Filius était resté d'un calme troublant et passait son temps à observer le vieux marin. Matéo avait toujours eu un doute à propos de la santé mental de Filius. Qu'importe, maintenant leur chemin allait se séparer à tout jamais. Matéo était impatient d'aller retrouver son trésor, bien qu'il n'avait toujours pas la moindre idée comment chasser le dragon. Une solution lui viendrait sûrement à l'esprit d'ici là.
Finalement, le petit rafiot accosta au quai, saint et sauf, contre toute probabilité. Matéo, Filius et le vieux marin descendirent tous trois sur le quai. - {NPC} Est-ce que vous jouez aux dés? demanda le vieux marin avec empressement. - {FIL} Non, répondit Filius indigné. - {MAT} Une longue route m'attend, refusa Matéo. - {NPC} Vous avez peur de vous faire laver par un vieux marin, lança-t-il avec un sourire complice. Bien dans ce cas, moi je vais y aller. À la prochaine.
Puis, le vieil homme se lança en direction d'une table à l'ombre de deux hangars ou un petit assemblé de marin lançaient les dés avec frénésies. - {MAT} Nous y voila, constata Matéo. Tien, voici 16 pièces, ça devrait te permettre de survivre au moins deux jours, dit Matéo avec un soupçon de découragement. En autant que tu retiens un peu tes pulsions de sauveur charitable. - {FIL} Merci, dit sincèrement Filius. Sans ton aide, je n'y serais pas arrivé. - {MAT} Oui, bien maintenant tu devras travailler en solo. Pour retourner à Coridius, tu n'as qu'à suivre la route qui sort du village, pas de chance de te tromper. Moi je dois y aller dès maintenant, la route sera longue. - {FIL} Oui, je comprends. Bonne chance dans ton expédition, lui souhaita Filius. - {MAT} Merci, je vais probablement en avoir de besoin. Au revoir, conclus Matéo en lui tournant le dos.
Gentil quand même ce Filius. C'est dommage que son espérance de vie à l'intérieur de ce monde cruel soit plutôt restreinte, pensa Matéo. En faite, il lui faudrait de la chance pour atteindre le prochain village en un morceau. Mais c'est les lois de la nature, les faibles meurent et les forts survivent. Lorsque l'on est resté enfermé trop longtemps à l'intérieur d'un couvent, il ne faut plus en sortir. Ces moines cloîtrés n'ont pas la coquille assez solide pour affronter le monde extérieur. Matéo lui, avait eu la chance de fuguer très jeune, ce qui lui permit d'apprendre les rudiments de la survit en société. Il avait déjà fait plus que sa part pour Filius, il était temps de passer à autre chose. Pour rejoindre rapidement sa cache au trésor, il fallait piquer en pleine forêt. Le trajet prendrait trois ou quatre jours de marche, donc pas de temps à perdre. D'un pas assuré, Matéo s'enfonça dans la forêt à l'Ouest du village sans un regarde en arrière.
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