Cristal Saga - Chapitre : A088
Cristal Saga
Personnage: Filius
jour : 11, 21h30
Chapitre 88
(710,176)
        
     Filius resserra sa couverture autour de son coup. Depuis le début de son expédition, c'était la toute première fois qu'il allait passer la nuit seul en pleine forêt. Filius était habitué de vivre en solitaire. Au monastère, même s'il cohabitait avec plus de 200 moines, chacun vivait isolé dans son propre monde. Le problème n'était donc pas la solitude, mais cette forêt, qui depuis le couché du soleil, avait prit des airs austère et lugubre. Pourtant, en plein jour, Filius se plaisait à marcher entre les pommiers, à écouter le chant des oiseaux et à regarder gambader les lapins. Mais maintenant, tout ce qu'il entendait était le craquement sinistre des arbres, le hurlement lointain des loups ainsi qu'un autre son dont il n'était pas sur de l'origine, mais qui ne représentait rien de bien rassurant. Pourquoi soudainement ce ciel étoilé dont il rêvait tant au monastère, lui semblait désormais si froid et lugubre. Et cette expédition, quelle folie! Comment allait-il faire pour suivre cette petite magicienne? À l'intérieur de la bibliothèque, tout lui était apparu si simple, mais à présent, livré à lui-même en plein coeur d'une forêt perdu, il voyait les choses sous un autre angle. Un angle disons, moins invitante. Ayant apprit avec Matéo les dangers présents sur la route, il avait décidé de dévier son chemin par la forêt. Choix qu'il regrettait de plus en plus. La présence de vilain brigand lui aurait parue maintenant plus réconfortante que celle des ombres mystérieuses de cette sombre forêt. Soudainement, un puissant hurlement de loup le fit sursauter. Le coeur de Filius se mit à frapper dans sa poitrine, ce qui ne fit qu'ajouter aux étranges sons de la forêt. Étais-ce son imagination, ou alors ce hurlement était tout proche? C'était son imagination, oui sans doute, du moins espérait-il. Cette forêt lui donnait des pensés affreuses, il ne devait pas s'inquiéter. En réalité, ce loup devait se trouer à des kilomètres d'ici. Un sourd craquement le fit sursauter à nouveau. Cette fois le bruit était tout proche, un craquement ne pouvait pas courir des kilomètres. Mais rien ne prouvait que cela était un loup, ce pouvait être un lapin, un ours ou quelque chose d'encore pire. Filius se redressa discrètement, il tremblait comme une feuille. Un second craquement attira son attention, il observa craintivement les ombres qui l'entouraient. Deux mouches-à-feu se promenaient à quelques mètres devant lui. Oui, c'était des mouches, n'est-ce pas? Non. Leurs voles étaient stables et parfaitement synchronisés. Ils se tenaient exactement à la distance de deux yeux, deux yeux de loup qui reflétaient la pale lueur de la nuit. Un sourd grognement arriva confirmer ces pires craintes. Filius sentit tout son sang quitter son cerveau, il faillit perdre connaissance. Se détachait parmi les ombres de la forêt, un énorme loup à quelques pas de lui. Seul le reflet argent de ces pupilles venait faire concurrence à l'éclat de ces longues canines découvertes. Ca y était, la mort lui tombait dessus, et ce à grand coup de dent. Ses réflexes primaux prirent alors le contrôle, et commandèrent à Filius... de... lâcher un crie strident. Le hurlement perçant de Filius fit reculer la bête de quelques pas, mais attira par le fait même l'attention d'autres loups qui rodaient à proximité. Cinq paires de yeux le fixaient désormais d'un regard alléché. Complètement paralysé, Filius observait le spectacle sans défense, luttant contre une tenace crise d'évanouissement. Il était même privé de ses cries, le simple fait de vider l'air de ses poumons aurait suffit à le plonger dans l'inconscience. À bien y penser, Filius se demandait pourquoi il se refusait un tel privilège. Après tout, il n'est pas nécessaire d'assister jusqu'à la dernière seconde de sa vie, surtout lorsque celle-ci se résume à des grandes canines, des morceaux de chairs déchiquetés, et de plusieurs peintes de sang renversées. Filius allait s'abandonner au doux et réconfortant plaisir de l'évanouissement, au moment où tous d'un même mouvement, les loups fuyèrent rapidement les lieux. Filius resta surpris, ne sachant trop ce qu'il venait d'arriver. Avaient-ils eu pitié de lui? Non, ce mot n'existait pas dans le règne animal. Alors... Un craquement à proximité le rappela brutalement à la réalité. Voila! Les loups s'étaient sauvés seulement pour faire place à une créature encore plus redoutable et effrayante. Peut-être un Yétis, un loup-garou ou encore l'abomination-qui-n'a-pas-de-nom*. Sa fin allait être des plus atroce. Mais encore pire que tout, cette fois il n'arrivait plus à perdre connaissance, ce qui le forcerait à être témoin de ses derniers moments. Les branches bougeaient, le voila qui arrivait. Mon dieu, faite que cela soi rapide, souhaita Filius. Apparue simplement un homme des plus communs, sans dague ni corne.
- {???}  Ca va? demanda l'inconnue d'une voix paisible.
     Cette fois c'était de trop, Filius perdit connaissance pour de bon.
    
    * L'abomination-qui-n'a-pas-de-nom est une créature mythique bien connue. Il s'agirait d'un monstre si terrifiant, que personne n'a survécue à son passage assez longtemps pour lui attribuer un nom. Enfin, c'est ce que l'on dit
    
   
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