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Gaëlle ouvrit timidement un oeil lorsque le premier rayon de soleil traversant la fenêtre lui frappa le visage. Son regard embrouillé se posa alors sur la fenêtre, puis grimpa le mur de pierre intérieur pour finalement aboutir sur le plafond de bois. Durant une fraction de seconde, elle se crut de retour chez elle, à l'intérieur de la chaleureuse maison de ces parents. Elle tourna vivement la tête à sa gauche, espérant y trouver le vieux coffre de cèdre qui lui servait à entasser son linge. Mais à la place se trouvait un sinistre candélabre marqué de signes cabalistiques. Ne voulant pas croire en ses propres yeux, Gaëlle referma aussitôt les paupières. De tout son être, elle s'imagina désespérément se trouver dans sa réconfortante chambre à coucher. Peut-être qu'en y croyant fortement, son souhait serait réalisé. Mais lorsqu'elle ré-ouvrit un oeil, se fut que déception et tristesse. Le choc était d'autant plus brutal, que durant un court instant, elle avait sentit une telle joie à se croire de retour chez elle. Son village lui manquait terriblement, ses parents aussi. Reprendre sa petite vie tranquille, était son plus grand souhait. Pour l'instant Gaëlle ignorait tout de l'endroit où elle se trouvait, et cela la laissait étrangement indifférente. Elle était simplement ailleurs que dans sa maison. En relevant la tête, elle observa deux larges bibliothèques garnis d'imposants volumes. À sa droite, aligné sur trois tablettes, reposait une série de bocal contenant grenouilles, araignées et d'autres éléments inconnus de la jeune fille. Plus loin au sol, encerclé de barreaux métalliques, se trouvait une large masse verte difforme, que Gaëlle ne trouva pas particulièrement attrayante. Son observation des lieux terminés, elle retourna son attention sur elle-même. Instinctivement, elle tenta de bouger les bras, mais ils étaient immobilisés, tout comme le reste de son corps étendu sur une table. Cela ne la surpris guère. On ne l'aurait pas brusquement enlevé de la forêt pour la remettre en liberté. À cette pensé, une foule de souvenir remonta dans son esprit engourdit. Elle se rappela péniblement la glace qui l'encerclait, ainsi que la certitude d'une mort inévitable. Apparemment elle n'était pas morte, mais peut-être que cela aurait été mieux ainsi? À quoi bon vivre dans cette condition? Il ne restait plus grand-chose à espérer lorsque l'on était un monstre privé de sa liberté. Tranquillement ses idées se mirent en place et son cerveau s'éclairci. Elle se trouvait dans la tour du magicien où elle et Palin étaient venu voler quelques potions. Voila, le magicien allait la punir pour son crime. Dans son village, on se contentait de dix coups de fouet accompagné de quelques travaux communautaires. Ca, Gaëlle pouvait le supporter sans problème. Mais il est aussi vrais qu'elle ignorait tous des magiciens et de leurs coutumes. Justement, en parlant de magicien, voila des bruits de pas qui se rapprochait. À sa gauche, apparue un vieillard drapé dans une luxueuse toge rouge. Bien que portant un regard sévère, il ne semblait pas particulièrement méchant. Dans un rare élan d'initiative, Gaëlle tenta les premiers pas. - {GAE} Désolé pour les potions messieurs. Je pourrais tout rembourser... - {MAL} Silence! coupa impérieusement le vieux magicien.
Dans ses mains ridées, le magicien tenait une longue aiguille argentée. Sans plus de préparation, il enfonça profondément la pointe métallique dans l'avant bras de Gaëlle. Ahurie, la jeune fille cria d'effroi. Puis arriva la douleur mordante. Poussé par la panique, elle tenta alors de se soustraire à l'emprise de son tortionnaire. Mais plus elle forçait, plus les liens qui l'immobilisaient sur la table se resserraient. À chaque mouvement, Gaëlle avait l'impression qu'une décharge électrique se libérait dans ses chevilles ou dans ses poignets. Puis le magicien retira l'aiguille du bras, laissant un mince filet de sang couler sur la table. Récupérant quelques goûtes dans une fiole, il s'en repartie sans dire un mot. Gaëlle, souffrante et terrifiée, se mit à pleurer.
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