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Palin s'arrêta, une fois encore, pour observer Gorish avec un profond découragement. Voyager avec un orc s'avérait beaucoup moins rigolo que prévu. Premièrement, Gorish ne marchait pas très vite. Palin hésitait sur la cause, il s'agissait soit de son obésité flagrante ou de sa nonchalance particulière. Mais qu'importe, l'orc était lent, très lent. En faite si lent que Palin aurait été plus rapide en marchand sur les mains. De plus, il ne devait jamais s'éloigner de l'orc de plus de dix pas, sinon celui-ci perdait la carte et empruntait une autre direction. Et ça ce n'était qu'une chose. Deuxièmement, Palin avait apprit que Gorish avait une peur bleue (mais probablement justifié), des chemins publics. Ce qui forçait les deux compagnons à marcher continuellement sous le couvert de la forêt. Palin allait devoir reporter ses visites aux abords des villages pour quelques temps. Et finalement, mais non le moindre, Gorish était dégoûtant. Actuellement assit sur un gros rocher, le petit lutin observait avec dégoût l'orc obèse se goinfrer dans ce qui semblait être un dépotoir municipal. Il s'attendait bien à ce que les orc soient des créatures grotesques, mais à ce point, jamais. Durant ce temps, Gorish ne semblait pas être affecté par cette étiquette. Vraisemblablement, le fonctionnement du cerveau orcien était des plus simple. Lorsqu'il avait faim, il mangeait. Plutôt dans la journée, Palin avait surpris Gorish ramasser quelques verre de terre sous un billot. Mais il semblerait que ce dernier repas était déjà oublié. Maintenant affamé, Gorish se mettait dans la bouche tout ce qui était de consistance moins solide qu'une roche. Palin observa son partenaire avec désespoir. Comment pouvant-on être aussi goinfre? Le lutin devait reconnaître que durant sa propre période d'errance, lui aussi était descendu bas, mais jamais à ce point. Finalement, c'est la pitié qui prit le dessus sur la répugnance. Le coeur du petit homme était bien grand. - {PAL} Veux-tu bien lâcher ces ordures, c'est dégoûtant! - {GOR} Moi avoir faim! clama l'orc la bouche pleine de chose que l'on ne désirait pas connaître. - {PAL} Oui, je vois. Ne bouge pas d'ici d'accord. Moi je vais aller chercher de quoi faire un souper convenable, proposa joyeusement Palin.
Bon, maintenant qu'est-ce qui pourrait bien plaire à un orc obèse, songea Palin tout en marchand dans la forêt. À peu près tout, pourvue que ce soit en putréfaction et que cela sent mauvais. Mais lui aussi avait faim, et il avait des goûts plus distingué. À une dizaine de minutes de marche, Palin sorti de la forêt. Devant lui s'étalait un large champ agricole. Chouette, cria Palin dans son coeur, des légumes gratuits à volonté! Rampant au sol comme une taupe, il atteignit les premiers rangs du grand potage. Ha, des carottes, excellent, quelques fèves ici, des concombres c'est bon aussi, une salade, et ... Palin eut un haut le coeur en découvrant un horrible plan de pomme de terre. Quelle horreur c'est racines terreuse, c'est bien un légume digne des orcs. Ha, bien oui, pourquoi pas? Après avoir déterré trois patates, Palin repartit sous le couvert de la forêt.
Retrouvant Gorish, qui n'avait pas bougé un pied tel qu'on lui avait demandé, Palin présenta ses trouvailles. - {PAL} Voici de bons légumes tout frais. Carottes, fèves, salades et... spécialement pour toi, des délicieuses patates, décrit Palin en se débarrassant rapidement de l'affreux légume en le lançant à l'orc (qui évidement n'eut pas le réflexe de l'attraper). - {GOR} Pour moi? - {PAL} Oui, vas-y. Généralement il est recommander de les faire cuirs, mais moi je trouve que ça ne change rien. De toute façon, ce n'est pas ce genre de détail qui va freiner ton appétit.
C'est à pleine dent que Gorish mordit dans le légume crue. À vrais dire, les larges molaires érodés de l'orc écrasèrent plus qu'ils ne mordirent. Mais cela n'empêcha pas Gorish d'apprécier. - {GOR} C'est bon, approuva-t-il. - {PAL} Bien, alors tu n'es plus obligé de manger dans les poubelles, d'accord? Lorsque tu as faim, dit-le moi, et je te trouverai quelques chose. Nous mangerons en marche, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour se rendre à la tour du magicien, dit Palin en emboîtant le pas.
Ce n'est pas qu'il soit méchant, il est seulement vraiment pas très futé, réfléchit Palin. Mais bon, intelligent ou non, son partenaire possédait une arme de choix qui serait indispensable pour combattre le magicien. Maintenant il fallait presser le pas. Gaëlle l'attendait certainement avec impatience, et il ne voulait pas la décevoir. Pauvre petite Gaëlle, tien bon souhaita Palin tout en soupirant face à la lenteur exaspérante de l'orc ventru.
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