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Filius commençait à sentir les effets de la potion énergisante se dissiper, et cela l'attristait. Au cours de cette matinée, il avait bien aimé sentir son corps en pleine forme regorgeant d'énergie. Ses pieds se déplaçaient sans effort, et sa tête n'était plus victime de vertige, même après une rapide rotation. Il ne s'était pas senti aussi vivant depuis que cette grave maladie l'affligea à tout jamais. Mais toute bonne chose à une fin. Et le voila qui retombait tranquillement au mode ralenti, de retour à l'intérieur de sa vieille carcasse usée et fragile. Au moins, cette passe temporaire d'énergie, leur avait permit de parcourir un bon bout de chemin. En faite, c'est ce qu'il croyait, car il était plutôt difficile d'évaluer les distances à l'intérieur de la forêt. C'est alors justement, que Reis réajustement leur itinéraire. - {REI} Nous approchons de la ville, il ne se risquera pas à une telle distance. Nous pouvons reprendre la route sans danger pour le chemin restant, expliqua l'énigmatique Reis.
Que voulait-il dire par « il »? Qu'importe. À présent que l'énergie de Filius était en chute libre, il s'intéressait de moins en moins à ce genre de détail. Quelques minutes plus tard, ils retrouvèrent la route, preuve de l'excellent système d'orientation de son compagnon. Il faisait bon de marcher sur une surface plane sans encombrement végétal. Cela donna la motivation nécessaire à Filius pour poursuivre le chemin sans trop se plaindre.
Et c'est ainsi, dévalant la route, qu'ils rencontrèrent l'intersection condamnée. Le sinistre panneau érigé en travers du chemin, ne manqua pas d'attirer l'attention de Filius, tandis que Reis, poursuivit son chemin sans même lever la tête. Ce n'est qu'une cinquante de pas plus loin que Reis remarqua finalement l'absence de Filius. Retournant sur ses pas sans démontrer la moindre trace d'impatience, Reis s'informa de l'état de son compagnon. - {REI} Est-ce que ça va? questionna-t-il froidement. - {FIL} Heeee... oui. Tu as vu cette pancarte? C'est vraiment triste de condamné tous ces pauvres habitants à leur propre sort. La maladie est déjà terrible, être rejeté par tous doit être un véritable calvaire. On ne devrait jamais isoler les malades.
Le regard plongé au travers de la barricade, Filius réfléchit. - {FIL} Peut-être que l'on devrait aller les aider, proposa-t-il timidement.
Reis immobile, prit quelque temps avant de répondre. - {REI} La maladie est incurable, ces personnes vont mourir d'ici une ou deux semaines, on ne peut rien y faire, énonça-t-il sans la moindre teinte d'émotion. - {FIL} Le temps n'est pas important, seule la vie l'est, affirma doucement Filius.
Le regard porté dans le vide au-delà du visible, Reis mit plusieurs secondes à répondre. Le mystérieux personnage sembla prit au totale dépourvu. On aurait cru les rôles inversés. - {REI} Réponse étrangement sage que tu as, concéda-t-il finalement. - {FIL} Beaucoup de temps j'ai eu pour réfléchir à la vie et à la mort. Passer deux années étendu sur un lit, permet ce genre de réflexion, souffla Filius pour lui-même.
Les deux compagnons restèrent immobiles ainsi un bon moment, le regard plongé dans les tréfonds de leur âme respective. - {FIL} Alors, que fait-on? questionna Filius en brisant le lourd silence. - {REI} En ce qui me concerne, la décision est prise depuis longtemps déjà. Je sui ton chemin, affirma tout naturellement Reis. - {FIL} Le choix est donc fait.
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