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Gaëlle fit signe à Palin de s'arrêter. Rampant au sol (plus par instinct que par nécessité), ils s'étaient approchés d'une petite maison à l'extrémité d'un village. Gaëlle connaissait l'endroit, c'était l'odeur des tartes aux cerises qui l'avait attiré la première fois. Ici, à chaque jour, il y avait toujours quelque chose au four, ce qui était probablement nécessaire pour maintenir le poids du propriétaire. À sa dernière visite, Gaëlle en avait d'ailleurs fait la rencontre. Il s'agissait d'un homme d'un age moyen, d'une grandeur moyenne, mais d'un poids hors norme. Ses jambes étaient larges, ses doigts bien dodus et son ventre aussi gros qu'un baril. Voyant un de ces précieux pâtés au poulet s'enfuir, il avait tenté de rattraper la féline voleuse. Mais l'éléphant obèse n'a pas la moindre chance contre la jeune panthère svelte. Au début, Gaëlle éprouvait une certaine culpabilité à voler de la nourriture. Venant d'une bonne famille, on lui avait correctement enseigné le bien et le mal. Mais la faim finit toujours par avoir raison des enseignements moraux. À la longue elle s'y était habituée. Après tout, si on la rejetait, ce n'était pas de sa faute, et tant pis pour eux. Cette fois, c'était une odeur de pain aux épices qui se dégageait par la fenêtre ouverte. Il avait déjà eu mieux, mais c'était toujours préférable à des racines pleines de sables. - {PAL} Je n'ai jamais été capable de résister à l'odeur du pain, dit Palin à voix basse. Ca me rappelle une petite ferme où il fabriquait des biscuits en forme de petit bonhomme. Un vrai délice. J'ai y travaillé durant 3 jours, on me payait en biscuit. Puis un soir j'ai fait un cauchemar où des centaines de petits biscuits m'attaquaient, j'en avais probablement trop mangé. Après je n'ai plus été capable de voir un biscuit de près. Mais maintenant ça va mieux.
Son nouveau compagnon était vraiment très volubile, mais cela ne dérangeait pas Gaëlle, au contraire. Il y avait si longtemps qu'elle n'avait pas eu de compagnie, que tout ce placotage superflu lui faisait du bien. - {GAE} Attend moi ici, je reviens, dit Gaëlle au sautant sur le bord de la fenêtre.
Dans son enfance, Gaëlle avait toujours aimé grimper aux arbres, ainsi qu'aux autres choses qui en étaient encore moins approprié. Mais depuis sa transformation, elle le faisait avec une aisance prodigieuse. Le gros propriétaire se trouvait au fond de la cuisine en train de rouler de la pâte. Dans une autre situation elle se serait désistée. Mais aujourd'hui, elle avait de la compagnie qui de plus, était affamé. Et puis, ce n'était pas cette grosse chose qui risquait de l'attraper. D'un seul bond gracieux, elle survola une table et atterrit à l'autre bout de la cuisine. Gaëlle plaça immédiatement deux pains chauds sous son bras droit et se retourna. C'est seulement alors que le propriétaire remarqua sa présence. - {NPC} Haaaaa (cri de surprise)! Toi, sale petit voleur! beugla-t-il d'une voix grasse.
En trois longues enjambées, Gaëlle retourna à la fenêtre, et d'un simple bond, la retraversa. - {GAE} Viens vite, dit-elle a Palin en courant vers la forêt.
C'est alors que répercuta la voix grave derrière eux. - {NPC} Toi tu ne te sauveras pas comme ça cette fois.
Gaëlle se retourna et vit, pointé droit sur elle, une arbalète maintenu par le gros cuisinier. Il y eut un déclique, puis un dard fila, sifflant à toute vitesse dans l'air. C'était étrange. Parfois il semblait à Gaëlle que tout autour d'elle se passait au ralentit, comme à cet instant même. Elle regarda le dard plonger droit vers sa poitrine. Son bras se leva avec une rapidité inouïe, et frappa le dard en le déviant de sa trajectoire. Un rugissement incontrôlé sortit de la gorge de Gaëlle, puis elle reprit la course. - {PAL} Ca alors, fantastique! Comment tu as fait? Tu sais, une fois... Hey, attend moi! cria une voix aiguë derrière elle.
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