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Gaëlle glissait entre les rosiers à la suite de Palin. Son compagnon avait vu juste, après avoir suivit la route durant plusieurs heures, ils l'avaient trouvé. Le château était situé à courte distance d'une falaise qui plongeait dans la mer. Sur une haute fondation de pierre, s'élevait une élégante structure de bois, le tout recouvert d'un toit en tuile d'argile rouge. La demeure avait un style sympathique, bien que ce n'était pas exactement ce à quoi s'attendait Gaëlle. Elle imaginait la jolie princesse habiter dans une haute tour de pierre décorée de drapeau et de fleur. Visiblement, même les plus élégantes princesses ne vivaient pas toutes dans un compte de fée. N'empêche que Gaëlle aurait beaucoup donné pour avoir droit à ne serais-ce qu'une chambre dans la cave de ce château. Palin tourna à droite dans une petite allée sertis d'arbuste et de grandes plantes aux feuilles rouges. Tous les deux, ils s'étaient insérés en douce dans le grand jardin qui entourait le château. Ce jardin avait certainement connu de meilleurs jours, mais ce champ de végétation désordonné était parfait pour camoufler deux intrus. Ce qui était plus qu'une très bonne chose en faite, car il faisait encore claire. Gaëlle aurait souhaité attendre la tombé de la nuit pour infiltrer le château, mais l'estomac de Palin s'y était bruyamment opposé.
Palin s'arrêta dos au mur de pierre. Sans dire un mot, il pointa du doigt une fenêtre ouverte au troisième étage d'où sortait un peu de lumière. Nous y voila, le moment appréhendé était arrivé, songea Gaëlle avec anxiété. Désormais, il sera trop tard pour reculer.
Pourtant, cela semblait simple. La fondation de pierre et la structure de bois des étages supérieur se prêtaient aisément, mais de manière involontaire, à l'escalade. Palin avait déjà grimpé la moitié de la distance. Gaëlle se lança à sa suite, aussi silencieusement que la fumer. Tous deux se retrouvèrent bientôt accroché au rebord de la fenêtre à une dizaine de mètres au-dessus du sol.. D'un regard entendu, Palin donna le signal, et ils sautèrent ensemble à l'intérieure de la pièce. Si Gaëlle aurait eu la moindre expérience en cambriolage, elle aurait su que l'on n'entre jamais par une pièce éclairée. Du moins, aujourd'hui elle aura appris quelque chose. La lumière provenait de deux larges chandelles posées sur un bureau qui, éclairaient un amoncellement de parchemin étendu sur le meuble ainsi qu'un long visage à l'expression des plus abasourdi. Il s'en poursuivit une course folle entre les cordes vocale de l'homme et des réflexes de Gaëlle. D'un seul et même mouvement, les mains de Gaëlle saisir l'objet le plus proche, qui fut reconnue par la suite comme étant un gros livre à reluire de cuire, et le propulsa à l'autre bout de la pièce avec une rapidité inouïe. Les cordes vocales de l'homme émirent leur première vibration au moment où une lourde masse frappa violentent le crâne qui les contrôlait. Un à zéro pour Gaëlle. - {PAL} Excellente démonstration! félicita Palin à voix basse.
Les nerfs toujours tendus sous la surprise, Gaëlle observa Palin se glisser silencieusement contre les murs de la pièce en direction de la porte. En le regardant, on aurait cru qu'il s'amusait à jouer les grands espions. Gaëlle y repensa, puis finalement cette idée n'était peut-être pas très loin de la vérité. En ouvrant lentement la porte de la pièce, Palin exposa un long corridor partiellement éclairé. Tout semblait calme, personne n'avait encore repéré leur intrusion. C'est avec nervosité que Gaëlle suivit Palin qui s'élança courageusement dans le corridor. Elle se demandait se qu'il arrivait s'ils se fessaient prendre? Est-ce qu'on leur donnerait la chance d'aller visiter le cachot du château, ou alors on les exécuterait tout simplement sur place? Mieux valait ne pas trop y penser. Soudainement un bruit de pas retenti droit devant eux. Prit dans ses réflexions, Gaëlle n'était pas resté alerte. À quelques mètres devant eux, le corridor tournait sur la droite, quelqu'un approchait. Gaëlle regarda en arrière, aucune porte ou recoin pour se cacher. En un instant la panique la saisie. Ca y était, ils allaient se faire prendre. Puis, tournant le coin dans leur direction, l'inconnue apparue. Gaëlle abandonna la réflexion pour l'instinct. Elle bondit au plafond, ses doigts et ses orteils s'agrippant tel des pinces aux moulures décoratives. Immobile comme une barre à clou, elle regarda l'homme passer sous elle. Sa respiration arrêtée, elle n'entendait plus que le bruit des battements nerveux de son coeur, et ceux des pas de l'homme amortis par l'épais tapis. Palin! Où était-il? Apparemment il avait lui aussi réussit à se débrouiller, car l'homme continua tout bonnement son chemin. - {PAL} Ca va, il est passé, dit une voix aiguë après quelques temps.
Gaëlle regarda en bas, mais ne vit rien. Puis, les couleurs voyantes de l'habit de Palin commencèrent à se démarquer contre un mur. Le petit homme réapparue progressivement. Gaëlle fut surprise, mais heureuse, de constater que son compagnon avait lui aussi plus d'un tour dans son sac. Gaëlle relâcha sa prise et tomba agilement au sol. - {PAL} Il y avait longtemps que je n'avais pas utilisé ce vieux truc. C'est facile, mais il faut rester totalement immobile. Ca me rappelle une fois ou je m'étais caché... je te raconterai une autre fois, termina Palin à voix basse.
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