Cristal Saga - Chapitre : A045
Cristal Saga
Personnage: Gaëlle
jour : 7, 18h15
Chapitre 45
Manoir Globenski
        
     Gaëlle se glissa à l'intérieur de la pièce, puis referma la porte derrière elle. Finalement, ils formaient un excellent duo. Depuis une quinzaine de minutes, ils se promenaient librement dans le grand château, tel de véritable fouine. À moins que la fatigue jouait des tours à Gaëlle, mais l'angoisse initiale commençait à être remplacé par une forme d'exultation enivrante. Cambrioler n'était pas une chose si dangereuse après tout, surtout lorsque l'on disposait de certains talents. Plusieurs pièces avaient ainsi été discrètement visitées dont une chambre à coucher, mais aucun vêtement intéressant n'avait été découvert. Plus loin, un long corridor dans lequel une série d'armure était alignée dans une symétrie parfaite. Palin avait d'ailleurs faillit déclencher l'alarme en voulant regarder à l'intérieur de l'une d'elle. Par chance, les réflexes de Gaëlle les sauvèrent encore d'une cacophonie certaine. Ensuite il y eut un petit salon bien chaud et confortable, ou un généreux plateau biscuit reçus la visite d'un vorace admirateur.
     Puis finalement les voici, devant une délicate porte en bois, sur laquelle était accroché un large bouquet de fleur. Il ne s'agissait vraisemblablement pas de la chambre d'un chef militaire. S'il y avait une place pour trouver une robe, c'était ici et nulle part ailleurs. Palin tenta la poigné, mais comme il fallait s'y attendre, elle était fermée sous clé. Après quelques secondes d'indécision, il cligna des yeux, et disparu. Gaëlle fut surprise, elle se retrouvait subitement seule dans un long corridor désert. La poigné tourna de l'intérieur, ainsi que le coeur de Gaëlle, mais elle se ressaisit en voyant le visage de Palin de l'autre côté de la porte. En un geste exagéré, le petit homme colla un doigt sur sa bouche en signe de silence. Gaëlle se faufila délicatement par l'entrebâillement de la porte, et compris le sens de l'avertissement de Palin. À l'intérieur de la pièce, flottaient librement les douces harmonies d'une voix féminine, accompagné d'une odeur de lavande et de savon. Dans le coin de la chambre, dissimulé sous des rideaux, quelqu'un prenait son bain. Gaëlle ne se sentis pas très à l'aise d'entrer en douce dans la chambre d'une dame, mais lorsque son regard se posa sur les magnifiques robes étendues contre le lit, toute culpabilité disparue instantanément. Gaëlle s'en approcha, les yeux dilatés de convoitise. Elle posa délicatement la main sur l'amoncellement de tissus. Le bout de ses doigts effleurèrent les jupes en satin, les colles en dentelle et les colliers de perles. À cet instant le monde n'existait plus, tout se passait être-elle et les robes. La quelle choisir? Elles étaient tous si magnifiques. Peut-être qu'elle pourrait les essayer, non, pas vraiment le temps. La bleue attirait particulièrement son attention, mais la blanche et rose piquait sa curiosité. Un violent coup de cymbale sorti brusquement Gaëlle de ses rêveries. Palin immobile, une expression stupide sur le visage, des fruits plein les mains, regardait une grande assiette de cuivre tourner à ses pieds. Les rideaux du bain s'écartèrent brusquement laissant passé une tête éberluée. S'en suivit le classique cri sonore à faire exploser le verre. Gaëlle regarda Palin, Palin regarda Gaëlle, puis tous deux foncèrent vers la porte. Au moment de poser la main sur la poigné, la porte s'ouvrit férocement, dévoilant du coup un homme large portant épée et cuirasse. S'en résultat un second crie de la baignoire que, seul l'ouie extrêmement fine de Palin pu percevoir comme étant encore plus aiguë. La seconde de chaos qui s'en suivit fut immédiatement saisie par Gaëlle. D'un violent coup de pied, elle referma la porte au nez du garde. Dans le même élan se retourna, saisi Palin et fonça en direction de la fenêtre de la chambre. À mi-chemin entre la fenêtre, Gaëlle s'arrêta brusquement, laissa Palin par terre et fit demi-tour. Le garde s'était réintroduit dans la pièce, sa main droite tenait son épée, et sa main gauche obstruait la baignoire de son champ de vision. En deux bonds, Gaëlle retourna au lit ou était étendu les élégants vêtements. La bleue ou la rose, et pourquoi pas tous les deux? Les cris de la baignoire reprirent de plus belle lorsqu'elle s'empara des robes. Une épée fila dans l'air à ce moment. Gaëlle s'inclina, évitant à elle et à ses robes, la lame tranchante du garde. Roulant au sol, elle rebondit en direction opposée. Palin debout dans le cadre d'une fenêtre venait d'ouvrir, lui faisait des signes énergiques de la main. D'un long saut, elle traversa la fenêtre et plongea dans le vide, suivit de près par Palin qui plana doucement. Malgré l'impressionnante hauteur de son saut de trois étages, Gaëlle atterrit avec une agilité qui la surprit elle-même. Elle avait déjà fait des sauts, mais jamais de cette hauteur. Mais jusqu'où pouvait-elle pousser ces nouvelles habiletés? À l'extérieur l'alarme était sonnée, un cor résonnait pendant que des ordres se répandaient. Gaëlle se redressa et parti à courir. À peine eu-t-elle fait trois pas, qu'une flèche se planta dans son dos. Estomaqué, elle s'effondra par terre. Ca y était, tout était finit. C'était sa punition pour avoir commis un vol, elle était châtiée par le destin. Immobile au sol, elle attendait que l'affreuse douleur arrive pour la faire sombrer dans l'inconscience. Elle attendit, mais rien ne se produisit. À peine sentait-elle une brûlure inconfortable dans le haut du dos. Selon Gaëlle, il n'était pas normal qu'une si grave blessure produise si peu de douleur. Des bruits de pas la firent sursauter. Se tenait derrière elle un garde l'épée levée. Comme elle ne désirait pas réellement savoir si la blessure d'une épée était aussi peu douloureuse que celle d'une flèche, elle se releva d'un bond. L'épée du garde venait tout juste de commencer sa trajectoire, lorsque la puissante frappe de Gaëlle le projeta plusieurs mètres en arrière. Un effrayant rugissement sortant de sa propre gorge surpris Gaëlle. Encore dépassé par les évènement, elle prit la fuite par le jardin du château en direction de la forêt, portant toujours précautionneusement ses deux élégantes robes sous le bras.
    
   
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