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Palin alla rejoindre Gaëlle deux branches près dans l'arbre. Il faudrait absolument établir un point de rencontre, pensa Palin. Encore la vieille, après leur audacieux cambriolage du Manoir, Palin avait mit plusieurs heures pour retrouver Gaëlle dans le bois. Hier soir, elle ne semblait pas particulière communicative, il avait donc décidé de la laisser tranquille jusqu'à ce matin. - {PAL} Tu es certaine que cela ne te fait pas mal? demanda Palin étonné. - {GAE} Pas vraiment, non, répondit Gaëlle incertaine.
Palin continua d'observer la blessure avec étonnement et curiosité. Il était plutôt rare de voir une personne ayant une flèche solidement plantée dans le dos qui n'agonisait pas sous la douleur. Alors, voire quelqu'un qui répondait :« Pas vraiment, non », relevait du miracle. - {PAL} Une bonne chose du moins, c'est qu'il n'y a pas de sang, confirma Palin après une observation approfondie.
Du moins, il espérait que c'était une bonne chose. Car, il est aussi vrai que les statues et les cadavres ne saignaient pas, ce qui prouvait que dans certain cas, il ne s'agissait pas d'un indice encourageant. - {PAL} Alors, tu veux que je l'enlève? demanda Palin avec entrain.
Gaëlle eu un léger sursaut d'effroi. - {GAE} Je ne sais pas... J'ai peur que cela me fasse mal, répondit-elle timidement. - {PAL} Je vais y aller tout doucement d'accord? Et puis, tu ne peux pas passer ta vie avec une flèche dans le dos, non? - {GAE} Ok... vas-y, mais fait attention. - {PAL} Promis.
Palin commença à tirer lentement sur la flèche, qui se délogea sans grande résistance. Une fois la pointe de la flèche retirée, Palin vit avec stupéfaction la blessure dans la chair de Gaëlle se refermer devant ses yeux. Encore plus étonnant, la plaie refermée ne laissait même pas une cicatrice, comme si rien ne s'était passé. Étonnant! - {PAL} Wow, même pas une égratignure, constata Palin stupéfait.
Gaëlle tâta craintivement son dos, pendant que Palin continua ses éloges. - {PAL} Mais c'est un véritable pouvoir que tu possèdes. J'aimerais bien pouvoir faire ça moi aussi, dit Palin avec envi.
Gaëlle lui répondit par un lourd regard noir, qui du coup dégonfla toute aspiration de Palin. - {GAE} C'est un accident, commença Gaëlle, et ce n'est pas tellement agréable.
Palin se demandait bien comment un tel don pouvait ne pas être agréable. - {GAE} C'est arrivé par une sombre journée d'automne. On venait d'envoyer mon ami vivre au monastère, je me retrouvais seule. Cette journée là, je suis partie marcher dans la forêt derrière le village. J'aimais bien cette forêt, je m'y promenais depuis que j'étais toute petite. Rien ne s'y était jamais produit de grave, c'était un lieu tranquille. Mais cette fois-ci, quelque chose d'horrible arriva.
Palin ressenti ce même frisson qui lui signalait qu'une grande triste couvrait le coeur de la charmante Gaëlle. - {GAE} En rampant sous un gros tronc d'arbre, je suis tombé face-à-face avec une créature horrible. Elle était couverte de poils, ses bras pendaient jusqu'au sol et son visage était vraiment affreux. On aurait dit un mélange entre un loup et un homme. Je ne lui ai rien fait moi, je voulais seulement passer sous l'arbre... J'aurais même pu passer ailleurs s'il me l'avait demandé... À la place, la créature m'a simplement frappé, sans raison. J'ai roulé au sol et j'ai perdu connaissance. Lorsque je me suis réveillé, j'étais étendu dans mon lit au village. On m'a dit qu'un vieillard m'avait ramené avant de disparaître dans la forêt. J'avais mal partout, c'était horrible. On disait que j'allais mourir, mes blessures étaient trop graves. Mais la mort n'arriva pas. Je suis resté 2 semaines au lit, je crois. J'étais bouillante de fièvre, la douleur était horrible. La nuit, lorsque j'arrivais à dormir, je faisais des rêves étranges aussi, j'avais peur, terriblement peur. Puis un bon matin, plus rien, j'étais guérit, sans raison, en pleine forme. - {PAL} Mais c'est un miracle, dit Palin avec joie. - {GAE} C'est ce que les habitants ont cru aussi, au début du moins. Après quelques jours, ces affreux poils ont commencé à me couvrir le corps. Puis il y eut les yeux, puis les moustaches... Lorsque les villageois ont remarqué si ce qui m'arrivait, ils m'ont traité de monstre, de malédiction.
Le visage de Gaëlle se tourna dans une expression de rage contrôlée. - {GAE} Puis, ils ont demandé à ce que je sois expulsé du village. Ils disaient que j'allais apporter la colère des dieux. Mes parents ont résistés, ils ne voulaient pas m'abandonner. Mais la furie des protestataires était de plus en plus grande, ils menaçaient de faire brûler notre maison. Le soir ils lançaient des roches par les fenêtres et criaient des insultes. Puis une nuit, j'ai pris ma décision, et j'ai quitté le village. Ma présence mettait la vie de mes parents en dangers. C'est donc mieux ainsi. Et, ils avaient raison, c'est vrai que je suis un monstre. Regard mes bras... et mon visage, c'est horrible.
Gaëlle plongea la tête entre ces bras pour étouffer un sanglot. Ce fut un autre de ces moments ou Palin sentait qu'il devait faire quelque chose, mais qu'il ne savait pas quoi. Et encore une fois, sa spontanéité eu le devant sur son raisonnement. - {PAL} Bien au moins, maintenant tu as de belles robes...
S'apercevant trop tard qu'il venait de faire un faux pas, il tenta de se reprendre. - {PAL} Ne t'en fait pas, moi aussi j'ai été bannit de mon village. On a jugé que j'étais un meurtrier, et ça, c'est pratiquement aussi pire qu'un monstre. Et regard moi aujourd'hui! Je m'amuse follement, je dors au clair de lune, je mange des choses différentes a tous les soirs et je ne suis même pas forcé de travailler. Chaque jour est une surprise, je ne m'ennuie jamais. Ca c'est la belle vie, crois-moi.
Palin tenta timidement une petite tape d'encourageant. - {PAL} Et puis hier? Ca c'était de l'aventure. Ne me dis pas que tu ne t'ais pas amusé? C'était vraiment rigolo de s'être infiltré dans le manoir, se promener comme des espions, découvrir des salles secrètes et voler des pâtisseries. Bon d'accord, je n'aurais pas dû faire tomber l'assiette, mais ça en valait le coup pour entendre la princesse crier dans son bain.
Gaëlle émit un petit sursaut de rire. Elle releva la tête, et repoussa ses longs cheveux orangés. - {GAE} Tu as faim? demanda-t-elle d'une voix qui laissait à peine voire sa récente tristesse. - {PAL} Il est un peu tôt, mais j'ai un petit creux. Les pâtisseries du Manoir étaient plutôt légères. Crois-tu qu'aujourd'hui il fera cuire ces tartes aux pommes? - {GAE} On peut bien aller voir, dit Gaëlle en plongea en bas de l'arbre.
Et voila, ils étaient répartis. Finalement se dit Palin, être exilé de son village c'est bien, mais être exilé à deux, c'est mieux.
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