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Palin revenait vers Gaëlle avec des macarons pleins les mains. Le chemin n'était pas difficile à retrouver, même dans la pénombre naissante de cette dense forêt. Simple, il suffisait de suivre la lueur verte entre les troncs des arbres. Depuis l'ingestion de sa dernière potion, un halo vert avait enveloppé Gaëlle. Mais Palin ne s'inquiétait pas, ou plutôt, ne s'inquiétait plus. Aucun des effets étranges qu'elle avait subit depuis le début de la matinée n'avaient persistés très longtemps. À plusieurs reprise Palin avait cru que son amie allait y rester, mais non. On aurait dit qu'à chaque fois, son organisme se réveillait et chassait l'intrus à grand coup de pied. Après tout, que pouvait-il arriver à quelqu'un que même les flèches ne pouvaient blesser? - {PAL} Est-tu certaine de vouloir continuer? demanda Palin sans conviction.
Il connaissait déjà la réponse, et la respectait. Mais il lui semblait que ce type d'avertissement faisait partie de son rôle d'ami vaillant. - {GAE} Oui, je le dois. Il n'en reste que deux. Ca ne peut pas me faire plus de mal. Non?
Par-dessus le timbre de sa voix, flottait une tristesse naissante poussée par une inquiétude grandissante. Assit au centre d'un champ de fiole vide, Gaëlle n'avait pas changé d'un poil, au sens littérale du terme. Si ce n'est que ce halo fluorescent, qui de toute façon, allait en diminuant. Aucune de ces potions n'avaient eu l'effet escompté, et Palin doutait que l'une des deux restantes renferment le remède miracle. Mais avec un peu de chance, qui sait? - {PAL} Moi, j'opterais pour la blanche avec des petites bulles oranges. La verte avec des grumeaux ne sera sûrement pas plaisante, je la garderais pour la fin, proposa Palin avec entrain. - {GAE} Oui, d'accord, concéda Gaëlle sans trop d'enthousiaste.
Elle déboucha la fiole blanche de sa main-patte, et calla le contenu limpide en deux gorgés. Palin toujours soucieux, mais aussi de plus en plus curieux de voir la prochaine réaction bizarre, s'enquis rapidement. - {PAL} Et puis, comme te sent-tu?
Gaëlle regarda ses mains, puis ses pieds, puis encore ses mains, avant de répondre tristement. - {GAE} Non, aucun effet, allait-elle dire au moment où sa main gauche fut prise de fort élancement.
L'enflure se répandait à vue d'oeil, sa main gonflait tel un ballon. Gaëlle visiblement inquiète, resta paralysé par la surprise. Palin se leva d'un bon et suggéra. - {PAL} Il faudrait une aiguille pour faire sortir l'air, proposa-t-il confiant.
Mais Gaëlle, doutant des connaissances médicinales de Palin, serra sa main contre-elle en lui retournant un regard d'appréhension. - {PAL} Bien, c'était seulement une suggestion. Regard de toute façon, l'enflure diminue déjà, constata Palin.
Et effectivement, la main de Gaëlle reprit rapidement sa forme originelle. Bon, le moment était venu, il ne restait plus qu'une seule potion. Elle devait fonctionner, sinon, bien sinon, Palin n'en avait aucune idée. - {PAL} Alors c'est la dernière, mais la bonne sûrement. C'est bien connu, lorsque l'on cherche quelque chose, on le trouve toujours dans la dernière boîte. Étrange quand même, non? Comme si les objets se cachaient pour ne pas se faire trouver. Mais évidement, les objets ne se cachent pas, à l'exception du gros menhir dans la forêt des fées. Il est très difficile de lui mettre la main dessus, il n'arrête pas de se sauver lorsqu'un visiteur se présente. On dit qu'il s'agit en faite...
Ce discours des plus captivant, du moins selon son orateur, n'avait pas empêché Gaëlle d'avaler la dernière potion verte. Une profonde grimace de dégoût se forma sur le visage de la jeune fille, qui pourtant, venait d'endurer une multitude de saveur plus douteuse les unes que les autres. Palin attendit quelques instant, puis sous le suspense insupportable, ne pu s'empêcher de demander. - {PAL} Et puis, comment te sent-tu?
Gaëlle regarda ses mains, puis ses pieds, un début de sourire prit naissance. D'un geste vigoureux, elle se frotta le dessus des mains. Miracles, ses poils tombaient. Gaëlle se leva d'un bond, prise d'une soudaine crise d'euphorie. - {GAE} Ca marche, ça marche! Regard, je perds mon poil! Regard! cria Gaëlle qui ne pouvait plus se contenir.
Éberlué, Palin la regarda paralysé. Il n'aurait jamais cru que ça fonctionnerait, pourtant l'évidence était là. Tous les poils oranges de ses bras et de ses jambes, se détachaient sans résistance. Palin allait se lever pour festoyer, au moment ou son regard perçant capta un petit élément perturbant. Là où ses poils tombaient, des écailles vertes se formaient. Catastrophe, c'était pire que pire. Ayant déjà était témoin de la fureur de sa jeune amie, Palin se leva discrètement. Mieux vaudrait revenir dans quelques heures, dit-il en reculant prudemment.
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