Cristal Saga - Chapitre : A171
Cristal Saga
Personnage: Galgaror
jour : 19, 2h42
Chapitre 171
Mont Taris-Atar
        
     Galgaror gravit péniblement la marche suivante. Il se sentait vieux, vieux et faible. Chacune des marches qu'il franchissait lui demandait un effort supplémentaire. Les articulations usées du vieux guerrier transformaient ses pas en véritable torture. Galgaror se sentait épuisé tel qu'il ne l'avait jamais été. Son coeur battait à tout rompre, et ses jambes tremblantes le supportaient à peine. Pourtant ce n'était pas faute de volonté. De tout son être, le vieux guerrier tenta d'augmenter la cadence, mais son corps refusait catégoriquement d'obtempérer. Cela donnait l'impression d'avancer sous une mare de goudron. Jamais il ne pourra y arriver, il allait échouer. C'est alors qu'une jeune silhouette à la longue chevelure blonde apparue momentanément plus loin sur les marches. De quelques bonds gracieux, elle disparue en haut de l'escalier. Mais que venait-elle faire ici? Puisant dans ses ultimes dernières ressources, Galgaror se lança à la poursuite de la silhouette. Il gravit ainsi rapidement une longue séquence de marche totalement concentrée sur son ascension. Ce n'est que lorsque son pas suivant traversa maladroitement une marche manquante, qu'il remarqua que l'escalier avait prit fin. Tout autour de lui, s'étendait à présent un sol blanc d'apparence ouaté. Rien n'y personne n'était en vue. Partout où Galgaror regardait, s'étendait à l'infinie ce sol étrange et désertique. En relevant la tête, il remarqua un impeccable ciel bleu, qui même en l'absence de soleil, brillait d'une lueur aveuglante. Galgaror avança prudemment d'un pas. En se posant au sol, son pied fut doucement amortit par l'étrange sol spongieux. Étrange constatât-il, on aurait cru des nuages fait d'une matière à la fois feutrée et rigide. C'est alors que provenant de nul part, un violent impact projeta Galgaror au sol. Ébranlé, le guerrier se releva péniblement. En dégainant son épée, il observa vivement autour de lui, mais rien, la place était toujours déserte. Une vive douleur au dos lui confirma qu'il n'avait pas rêvé, quelque chose l'avait belle et bien frappé. Pourtant, le calme absolu régnait toujours au environ, aucun signe du moindre mouvement... Aussi abruptement qu'un coup de tonnerre, une deuxième secousse envoya virevolter Galgaror plusieurs mètres plus loin. Cette fois il n'eut même pas le temps de se relever, que la force invisible retourna à la charge. Projeté dans un sens et dans l'autre, Galgaror perdit toute orientation. Les impacts étaient si violent, qu'il sentit ses os se fracturer et ses organes se contusionner. Ce jeu dura une courte éternité, durant laquelle, Galgaror impuissant, se laissa secouer comme une vulgaire poupée. C'était la fin sans aucun doute, battu par un ennemi invisible trop grand pour lui. Lorsque finalement on le laissa en paix, Galgaror resta immobile à moitié couché sur le dos, dans une position qui en disait long sur l'état de son squelette. La souffrance était terrible, chacun de ses os avait été fracturé plus d'une fois, et ses organes internes avaient été mit en charpie sous tant d'impact. Vaincu, le voila finalement vaincu. Agonisant, il attendit la fin avec un calme surnaturel. L'étrange sol spongieux s'ouvrit alors lentement sous son poids. Galgaror sentit sa carcasse s'enfoncer dans ce qui semblait de plus en plus être des nuages. Maintenant complètement submergé, le corps du guerrier continuait progressivement de se faire un chemin au travers de cette mousse épaisse. Après un moment d'immersion, la spongieuse couche de nuage s'ouvrit finalement très loin au-dessus d'un monde miniature. En faite, ce n'était pas tant le monde qui était miniature, comme lui qui était très haut. Sans émois, Galgaror commença sa chute libre à plus de dix milles mètres du sol. Il descendait à une vitesse fulgurant, giclé constamment par le vent froid des hautes altitudes. Le monde se rapprochait dangereusement, grandissant d'instant en instant. Galgaror pouvait maintenant distinguer les petites habitations des villageois sous lui. Le choc redouté, qui allait du même coup mettre fin à ses souffrances, était sur le point de se produire. C'est à ce moment qu'un évènement curieux se produisit. Une onde se propagea instantanément à travers le monde faisant onduler le cours de la réalité sur son bref passage. Galgaror se rendit compte alors qu'il ne tombait plus, mais qu'il flottait. Mieux encore, il volait. Le grand guerrier s'éleva dans le ciel survolant le monde sur toute sa grandeur. Un immense sentiment de pouvoir s'empara de lui, tel qu'il n'avait jamais sentit. Il s'imaginait que d'une seule main, il aurait pu lever des montagnes ou étouffer des tempêtes. Mais cette euphorie nouvelle ne dura qu'un instant, car déjà sa vision s'embruma. Ce songe étrange se dissipa tel de la poussière d'étoile sous un vent astral.
    
   
<<< Chapitre Précédant Chapitre Suivant >>>
Ajouté ici votre propre dessin!
Retour à la page principaleTous droits réservés - Martin Tétreault - 2005,2006