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Galgaror serra fermement la poigne de sa vaillante épée. Callée aux creux de ses larges mains, rien ne pouvait arrêter cette lame. Le vieux guerrier avait vécu bien des aventures et traversé maintes péripéties avec cette arme au poing. Jamais il n'aurait pu la regarder s'empoussiérer sur l'un des murs de son château. Non, jamais. Avec elle, il irait jusqu'au bout. D'une série de mouvements vifs comme l'éclaire, le grand guerrier fendit la brume épaisse de sa lame étincelante. Alors que la magicienne s'afférait à ouvrir le portail, Galgaror se conditionnait physiquement et mentalement pour l'affrontement qui allait suivre. Il avait décidé de livrer le plus grand combat de sa vie. Cinq décennies d'expériences allaient être exploitées en un seul affrontement. L'esprit du guerrier revissait mentalement chacune des stratégies utilisées et visualisait chacune des attaques employées. L'avant combat était l'unique moment qui laissait place à la réflexion. Une fois face à l'ennemie, tout se jouait d'instinct. Il y avait plus de deux heures maintenant que Xédriana travaillait sur le portail. Mais Galgaror ne se sentait pas pressé, elle pouvait prendre tout son temps. On peut-être pressé seulement lorsque l'on envisage le future. Dans ce cas présent, de telles préoccupations n'étaient pas nécessaires. Mais qu'importe, cela ne troublait pas le vieux guerrier. Il était résolu à livrer le plus grand combat de sa vie, et en ce moment, c'est tout ce qui importait. Rapidement, il retrouva sa confiance et son courage légendaire. Sa détermination était tel, qu'il alla même à imaginer ce qu'il arriverait au monde s'il vainquait dieu. Pensé sans doute ridicule, mais qui trouva sa place en ce moment de fébrilité dans l'esprit de conquérant du vieux guerrier. Emporté par l'exultation du combat, il sentait la jeunesse raviver ses vieux os. Même sa douleur au genou s'était dissipé. Lorsque qu'un homme tel que lui portait toute sa concentration sur un seul et même objectif, rien ne pouvait l'arrêter. Plus grand était le défi, plus forte devenait sa détermination. C'était ainsi que son constitué les héros. Un grand flash lumineux éclaira soudainement le sommet de la montagne. Galgaror se retourna calmement et vit le grand portail rayonner d'une vive lumière blanche. Au centre du portail, un voilage de brume luminescent ondulation comme sous l'action d'un vent imaginaire. Galgaror s'y approcha. - {GAL} C'est prêt? demanda le guerrier confiant. - {XED} Oui, le passage est ouvert, confirma la magicienne avec une légère teinte de fatigue dans la voix.
Finalement, le moment était venu. Galgaror n'éprouvait ni peur ni doute. Il se dirigea vers le portail d'une démarche ferme et résolue. Le point de non-retour, il l'avait franchit le jour où assit à l'auberge, l'idée d'affronter dieu lui était venu. Dans son esprit, traverser le portail ne représentait pas une étape particulière. Il se sentait fin prêt, en meilleure forme qu'il ne l'avait jamais été. Son esprit était vif et ses muscles bien réchauffés. Aujourd'hui, rien ne pourrait l'arrêter. À un pas du portail, il tourna la tête vers la magicienne. - {GAL} Merci Xédriana. Tu as honorablement effacé la dette que tu avais envers moi. Je te libère de toutes tes obligations. Vas et poursuit ton chemin comme tu l'entends, prononça cérémonieusement Galgaror.
Le grand guerrier se retourna face au portail sans un mot de plus. Elle avait remplit sa part du marché, ils étaient quittes, ils n'avaient plus rien à se dire. Galgaror regarda le grand voile luminescent qui ondulait devant lui. Il ignorait en quoi consistait traverser une porte astrale, mais après tous les genres de portes qu'il avait franchit au cours de sa tumultueuse carrière, celle-ci ne serait qu'un cadre de plus au-dessus de sa tête. Galgaror avança un pas assuré au travers de la brume mouvante. Son pied glissa à l'intérieur sans douleur ni résistance. Le reste de son corps suivit d'un même mouvement. Contre toute attente, la dernière pensée qui traversa l'esprit du vieux guerrier, ne se porta pas sur le combat, comme on s'y serait attendu. En ce moment crucial, ses réflexions allèrent à sa fille, Dalia, dont il venait tout juste de rencontrer et qu'il connaissait à peine. En quittant ce monde, sa toute dernière pensée fut tout bêtement de se demander si elle se portait bien.
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