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Galgaror arrêta brusquement son enjambé. Après une trentaine de minutes de marche, il faillait se rendre à l'évidence, ce monde était un désert sans fin. Même les montagnes que l'on apercevait à l'horizon, n'était que pure illusion. Galgaror avait l'oeil pour les distances et les perspectives, et quelque chose clochaient dans ce décore irréel. Bien que tous ses sens lui indiquaient qu'il évoluait dans un monde en trois dimensions, son esprit se sentait coincé dans un autre type d'organisation qui échappait à la logique humaine. Au cours de sa longue et périlleuse carrière, Galgaror avait visité maints lieux étranges, mais celui-ci les dépassaient tous de très loin. Ce n'est pas que ce lieu présentait des particularités impressionnantes, on pouvait même dire qu'il était morne. Ce qui le démarquait, était cet aspect irréel qui enveloppait le néant qui l'entourait. Galgaror ne se formait jamais d'idée préconçue, cela brouillait la perception de la réalité disait-il. Mais s'il avait eu à le faire, jamais il ne se serait approché de ce qui se présentait à lui. Légèrement désemparé, Galgaror se demanda que faire. Peut-être que dieu n'était pas intéressé à l'affronter, peut-être que dieu n'existait tout simplement pas, ou pire que tout, peut-être que Xédriana l'avait trompé en l'envoyant dans un monde perdu. Non, impossible! Ce lieu était manifestement divin, il ne restait qu'à réveiller son propriétaire. D'une voix claire et puissante, le grand guerrier clama : - {GAL} Je me nomme Galgaror, grand guerrier des terres des hommes. Je suis venu affronter dieu en duel. Qu'il se manifeste!
La requête se répercuta longuement en écho sur des montagnes invisibles. Ce cri d'appelle était d'une imprudente audace. Mais étant donné le contexte, Galgaror le trouva justifié. Dans ce lieu désertique et ouvert, il était de toute manière futile de vouloir cacher sa présence. Tout juste après que les dernières échos de la voix du guerrier se furent répercutés, une protubérance gonfla le sol à quelques pas de lui. Galgaror dégaina instantanément son épée et fit un bond en arrière. Du sol brumeux, s'éleva une vague silhouette vertical. Rapidement les contours se précisèrent et les nuages devinrent solide. Se tenait à présent devant lui, un grand et large guerrier en armure immaculé qui irradiait d'une lumière blanche aveuglante. Cet être dépassait Galgaror d'un moins une tête, et bien que complètement recouvert de pièces d'armure, la force surhumaine de son corps était manifeste. Galgaror leva les yeux vers le visage de son ennemie, ce qui en faite, était un évènement plutôt rare. Complètement couvert par un heaume massif, son visage restait complètement dissimulé. Il émanait de ce guerrier blanc une puissante aura de force et de sagesse, jamais Galgaror n'avait contemplé une telle magnificence. Nul doute qu'il s'agissait ici d'un être suprême, ou même de l'être suprême. Néanmoins, Galgaror ne redoutait toujours pas l'affrontement, même que d'une certaine manière, cela rendrait les choses plus faciles. Dans un éclat lumineux, le guerrier blanc dégaina soudainement une longue et massive épée. Cette lame devait faire au moins deux fois la longueur de celle de Galgaror, et sans contredit, ce guerrier avait la force pour la manier. Les deux adversaires restèrent ainsi un court moment à s'observer. À cet instant, Galgaror eut l'impression qu'un lien privilégié s'était établit entre eux. Durant une brève fraction de seconde, il sentit une compassion incommensurable déferler dans son esprit. Ce fut comme si son adversaire comprenait ses plus intimes motivations, et en honorait leurs accomplissements. Puis ce sentiment étrange se dissipa aussi rapidement qu'il était apparu. Le terrifiant guerrier blanc se tenait là, devant lui, épée aux poings à l'air menaçant. Galgaror avait affronté bien des ennemies aux allures effrayantes, il ne se laissait pas dérouter par les apparences. Galgaror leva son épée au-dessus de sa tête et banda les muscles de ses jambes. Toutefois, il devait aussi admettre que ce chevalier était d'une toute autre catégorie. L'adversaire qui se tenait devant lui était sans contredit le plus puissant qu'il n'avait encore affronté. Et de plus, probablement le dernier. Les deux lames s'entrechoquèrent dans un éclat éblouissant.
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