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À une dizaine de mètres sous terre, une petite voix aiguë retentissait. - {PAL} Hé! Ca vient ce souper, je meure de faim moi!
Contrastant violemment avec le décore lugubre du sombre cachot, un petit personnage en habit rouge et vert, sautillait devant la grille minuscule de la porte d'acier. - {PAL} Si le souper n'arrive pas bientôt, je vais manger les murs, cria-t-il sur un ton de plaisanterie.
Quelques secondes de pur silence s'en suivirent. - {PAL} C'était sensé être drôle, mais je vois que personne n'a le sens de l'humour ici.
Puis avec une moue boudeuse, il tourna le dos à la porte et marche dans le cachot. La pièce avait la grandeur d'une petite auberge, mais avec un plafond si bas qu'il forçait les hommes à courber le dos pour y marcher. Sauf pour Palin, qui pouvait même se permettre de sautiller sans avoir peur de se cogner. La seule source de lumière était une petite ouverture au centre du plafond qui servait aussi de trou d'aération. Tandis que le centre de la cellule était partiellement éclairé, les murs ou croupissaient les autres occupants, restaient plongé dans l'obscurité, ce qui était aussi bien ainsi. On ne voyait que les pupilles des autres détenus briller par intermittence. Dans certain regard on pouvait lire la colère, dans d'autre l'effroi, et chez certain même la démence. Palin se promenait cherchant une bonne âme à qui faire la conversation. Celui-là paraissait trop terrorisé, celui-là trop affamé, et celui-ci n'avait pas l'air très vivant. C'est rendu dans le coin de la cellule, que Palin croisa un regard affreux. Ce regard n'était pas plein de rage où empreint de démence, ce regard était bien pire, ce regard était vide, vide et noir. Aucune émotion ne réfléchissait dans ces yeux, ni peur ni rage, ni amour ni haine. Ces yeux appartenaient à quelqu'un qui pouvait tuer, ou pire torturer, sans ressentir la moindre émotion. Palin frissonna de la tête au pied, et recula de quelques pas. - {???} Hey, attention mon ami, vous me marché sur les pieds, retenti une voix derrière lui.
Palin se retourna en sursaut. Il s'agissait d'un vieillard au visage sympathique simplement assit par terre. - {ZIM} Ne t'approche pas trop de ce coin petit, c'est mal saint, averti le vieil homme.
Tout heureux d'avoir finalement trouvé une oreille attentive et qui de plus, semblait amicale, Palin s'assit devant son nouveau compagnon. - {PAL} Bonjours, moi c'est Palin. Vous savez à qu'elle heure il serve à manger ici. - {ZIM} Huuummmm, excellente question petit, si je me rappelle la dernière fois... ha non, la dernière fois ils sont venus chercher les morts. Bien l'autre fois avant, la lumière éclairait jusqu'à la huitième dalle.
Palin jeta un coup d'oeil aux dalles du plancher et au jet de lumière provenant du plafond, et jugea que cela allait être trop long de toute façon. - {PAL} Pfffff, vraiment pas sympa comme cachot. Je commence à me demander ce que je fais ici, dit Palin dans un soupire. - {ZIM} Excellente question, je me le demande aussi, interrogea le vieil homme.
Avec enthousiaste, Palin commença son récit. - {PAL} Bien, c'était ce garde aux portes du château. Il baillait à avaler les mouches. Je m'imagine à leur place, pauvre eux. Rester debout à rien faire toute la journée, c'est d'une ennuie mortelle. Et moi, vous comprenez, je ne voulais pas laisser mourir ce pauvre types. Après tout, ce n'est de sa faute s'il est garde, il faut bien gagner sa croûte. Comme moi vous voyez, je n'ai pas de travaille comme tel, mais j'amuse les gens, et c'est payant. Bon, peut-être pas tous les soirs, mais parfois, certain vont me donner une petite pièce pour une bonne blague. Vous connaissez l'histoire du gars qui une fois... - {ZIM} Holà petit, ce n'est pas... commence le vieil homme sans avoir la chance de terminer sa phrase. - {PAL} Ha oui! Désolé. Comment ce fait-il que je suis ici donc? Comme je le disais, il y avait ce pauvre garde qui s'ennuyait, et de l'autre côté, ce gros tonneau plein d'eau. Bien, je croyais qu'il était plein d'eau, je ne pouvais tout de même pas deviner qu'il était remplit de déchet. Alors, j'ai fait léviter le tonneau jusqu'au-dessus du garde, et vlap, je renverse son contenue. Hahahaha, alors ça c'était marrant vous ne pouvez pas vous imaginer! Vous auriez dû lui voir la tête pleine de boue qui cherchait ce qui lui était arrivé, à mourir de rire, j'en roulais par terre. Et puis c'est là que l'on m'a agrippé.
Puis en prenant une moue plus accablée, Palin conclua. - {PAL} C'est quand même triste, se faire mettre en prison pour avoir mit un peu de rire dans une journée ennuyante. Mais j'estime que j'ai quand même fait sourire quelques villageois qui passaient par-là. - {ZIM} Oui, oui. Mais ce que je me demande vraiment c'est, que fais-tu encore ici? Pourquoi ne pars-tu pas? Ce n'est pas un endroit très amusant, n'est-ce pas? questionna calmement le vieil homme. - {PAL} J'avais un peu faim. À chaque fois que j'entre dans une auberge on me jette à la porte en criant : Barre-toi gamin. Pffff, ce n'est pas toujours facile d'être si petit. Mais cela à quelques avantages. Comme la fois où je me suis caché dans une caisse d'orange pour prendre le bateau. Je ne sais pas d'où venaient ces oranges, mais c'était un pur délice. - {ZIM} Si c'est à manger que tu cherche, je te conseil le Chaudron Doré. Ils ne te mettront pas à la porte c'est certain. De plus, tu risque d'y faire d'agréables rencontres, suggéra le vieil homme avec un sourire malin. - {PAL} Oui, j'ai déjà entendu parler. Je crois que c'est une bonne idée. Vous venez avec moi... messieurs? - {ZIM} On m'appelle Zimzabar. Mais non, je suis désolé mon cher petit. J'ai encore quelques petits détails à régler. Peut-être qu'avec un peu de chance, on se reverra. - {PAL} Bien sure, ce monde est si petit, presque aussi petit que moi. Mais cela dépendant de l'angle selon lequel on regarde. C'était comme ce miroir chez Mirat, vous connaissez? - {ZIM} Une autre fois Palin, il est temps de sortir maintenant, conseilla Zimzabar avec plus d'insistance cette fois. - {PAL} Oui, vous avez raison, mon ventre se met à grogner. Merci bien, et à la prochaine.
Avec une petite courbette de politesse, Palin quitta Zimzabare et se dirigea vers la porte de la cellule.
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