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Palin se laissa choir lourdement (bien... aussi lourdement que sa petite stature lui permettait) sur un tronc d'arbre abattu. Il se trouvait quelque part en forêt directement sous le soleil. De son point de vue il n'était pas perdu, car il savait qu'il se trouvait dans la forêt. D'une certaine manière, Palin n'avait pas tord. Ne pas s'en faire pour sa position géographique était une chose, mais ne pas s'en faire pour un estomac qui grondait de famine en était une autre. Depuis qu'il avait quitté son ami Galgaror la veille, il n'avait pas rencontré la moindre trace de civilisation, à l'exception d'une route qu'il regrettait maintenant de ne pas avoir suivit. Ce n'est pas qu'il s'ennuyait de la civilisation, loin de là, mais il regrettait que ce ne soit pas des pâtés au poulet qui poussaient des les arbustes, plutôt de d'acide petites baies. Il en avait vraiment mare des baies, les rouges, les jaunes, les vertes ils étaient tous plus sures les unes que les autres. Le pire de tout, c'est que pour une fois sa bourse était pleine de pièces (ayant hérité de la petite monnaie de Galgaror), mais il n'y avait nulle part pour les dépenser. C'est alors que l'ouie fine du petit lutin saisie les murmures d'un ronflement lointain. D'un bond il se leva, et suivit le son. Excellent, s'il y avait de la vie pas loin, il y aurait aussi de la nourriture. À moins que cela soit un ours? Puis Palin se demanda si les ours ronflaient tout comme humains, et s'il ronflait, est-ce qu'il rêvait, et s'il rêvait, à quoi pouvait-il bien rêver? Quelques dizaines de mètre plus loin, il rencontra la source du ronflement, et non ce n'était pas un ours, à moins que celui-ci porte des vêtements blancs. Les faibles ronflement, qui auraient été tout juste perceptible par l'oreille humaine, provenaient du haut d'un arbre, où une personne était allongée. Étrange lieu pour se coucher, se dit Palin. Mais il s'agissait probablement de la seule personne à la ronde, et il n'allait pas laisser passer cette chance. Ces mains et ces pieds agiles commencèrent donc à gravir l'arbre sans difficulté. Pour les lutins, l'art de l'escalade était une seconde nature. C'était d'ailleurs une qualité essentielle pour évoluer dans une cité de Lutin, tout comme celle où il avait grandit. Palin chassa rapidement ces indésirables souvenirs, et se concentra sur son accession, bien que cela n'était pas vraiment nécessaire. Une vingtaine de mètres plus hauts, Palin arriva à la source même du ronflement. Étant enveloppé dans des amples vêtements blancs des pieds à la tête, Palin ne fut pas en mesure de distinguer à quel genre de personne il avait à faire. Toutefois, une chose pouvait être déduite, elle n'était pas assez lourde pour faire plier la branche de l'arbre, ce qui rassura un peu Palin. - {PAL} Pardonnez-moi, dit Palin en tirant le bord des pantalons de l'inconnu.
Aussi rapide que la lumière, sorti une main aux griffes acérées qui allait frapper Palin de plein fouet. Le lutin eu tout juste le temps de cligner des yeux pour se téléporter quelques mètre plus haut dans l'arbre. Ca chemise! Elle en avait été déchirée. Cela ne lui était jamais arrivé auparavant. Il avait toujours eu assez de réflexe pour éviter les coups même plus subits. Mais la rapidité de cette attaque l'avait pris par défaut. Même Galgaror n'aurait pus porter une attaque à cette vitesse. Mais qu'est-ce que cela pouvait bien être? Palin jeta un coup d'oeil en bas juste à temps pour voir l'individu chuter du haut de l'arbre. Catastrophe, il allait se tuer, et tout ça par sa faute. Mais alors qu'il s'attendait à la voir s'écraser au sol comme un sac de patate (eu de coeur momentané de Palin), la chose atterrit confortablement sur ces 4 pattes. - {PAL} Hey, vous n'êtes pas blessé? cria Palin du haut de l'arbre. Je n'ai pas voulu vous faire tomber, je voulais seulement vous poser une question. Attendez, je descends.
Palin se laissa tout simplement tomber du haut de l'arbre, et telle une feuille d'automne, il plana doucement jusqu'au sol. Elle l'attendait immobile, dans la pose d'un chat qui s'apprête à bondir. Oui, elle! Car il s'agissait vraisemblablement d'une fille, bien qu'un peu différente de la moyenne. Pour commencer ces yeux, dont les iris de forme ovale tiraient légèrement sur le jaune. Puis ses cheveux, qui affichaient des reflets orangés, que l'on ne pouvait pas méprendre avec le roux habituel. Ces mêmes poils recouvraient aussi ses mains en quantité anormale, pour une fille du moins. Et finalement son visage, qui bien que jolie, avait un je-ne-sais-quoi d'un peu trop félin. C'était peut-être en partie dû à ces longues moustaches qui lui pendaient sous le nez. Mais sinon, il s'agissait bien d'une jolie demoiselle de 15 ou 16 ans. - {PAL} Salut, moi c'est Palin, je ne voulais pas te faire peur. Tu as de sacré réflexe tu sais? Regard ce que tu as fait à ma chemise. Ô mais ne te sent pas mal, elle était bonne pour la poubelle de toute façon.
Toujours immobile, la jeune fille fixait Palin d'un regard méfiant. Puis doucement elle adoucit son regard, mais resta toujours aussi immobile. - {GAE} Désolé pour votre chemise, je n'ai pas fait exprès, dit-elle d'un faible ton d'excuse. - {PAL} Bha, ce n'est pas grave. Dis-moi, comment t'appelle tu? demande joyeusement Palin.
Elle parut légèrement dérouté par cette question. Voyant visiblement que le petit lutin ne représentait pas de danger, elle se remit debout, et dépoussiéra ses pantalons blancs qui venaient de traîner dans la terre. - {GAE} Moi c'est Gaëlle. Je ne voulais pas te faire de mal, c'est un réflexe, s'excusa-t-elle encore. - {PAL} C'est du passé maintenant. Dis donc Gaëlle, je ne sais pas pour toi, mais moi j'ai une de ses faims. Tu ne saurais pas où trouver une auberge par hasard?
Un voile de tristesse couvrit le visage de la jeune fille. Elle porta devant ses yeux et s'assit par terre dos à son interlocuteur. - {GAE} Ils me mettent toujours à la porte des auberges, pour ensuite me jeter en dehors du village. Personne ne veut de moi.
Palin se senti soudainement très mal. Il avait toujours détesté voir les gens pleurer, mais c'était encore pire lorsqu'il s'agissait d'une jeune demoiselle. De plus, le sentiment qu'elle semblait éprouver ne lui était pas totalement étranger. - {PAL} Dans ce cas, nous irons manger ailleurs. Moi non plus d'ailleurs, les auberges ne m'aiment pas beaucoup. Tout le monde croit que je n'ai pas d'argent et que je viens seulement quêter de la nourriture. Remarque que cela m'arrive quelques fois, mais qu'importe. Bon, alors, où est-ce que l'on trouve à manger ici?
Gaëlle se retourna vers Palin. Bien que ces yeux étaient encore un peu rouges, elle semblait moins triste? - {GAE} Tu n'a pas peur de moi? demanda timidement Gaëlle. - {PAL} Peur? répondit Palin surpris. Mais non, pas du tout, est-ce qu'il le faudrait? Il est vrai aussi que je n'ai pas peur de grand-chose, mais je ne vois vraiment rien d'effrayant actuellement. - {GAE} Vraiment? re-demanda-t-elle avec un sursaute d'espoir dans sa voix. - {PAL} Bien certainement. Je trouve par contre que tes habits manque un peu de couleur. Tu sais, je crois que le rose te ferait bien.
Gaëlle se releva avec une grâce toute féline. Au grand soulagement de Plain, elle affichait désormais un petit sourire. Non pas le sourire de l'homme qui découvre un coffre remplit de pièces d'or enfouit dans sa cour, mais celui de l'homme qui trouve une petite pièce d'argent sur le chemin du retour. - {GAE} Viens, suit moi. Je sais où trouver de la nourriture, répondit-elle avant de s'élancer d'un pas rapide.
Rien de plus n'avait besoin d'être dit pour que Palin se lance à sa suite. Et c'est ainsi que se passait la vie pour Palin. Une journée il était seul, et l'autre il voyageait en compagnie. Malgré la triste qui habitait sa nouvelle amie, Palin trouvait bien sympathique cette jeune femme aux allures félines. Peut-être qu'il pourrait l'aider, tout comme il avait aidé Galgaror. Sans trop savoir pourquoi, il avait l'impression de la comprendre, comme si elle et lui, avait passé par les mêmes épreuves. Mais toutes ces questions allaient attendre après le repas. - {PAL} Est-ce qu'il y a des patates là-bas? Car je préfère t'avertir, les patates me rendre malade, au sens littéral du terme. La dernière fois, on en avait caché dans mon ragoût, et j'ai tout vomis. Le mal ne dure pas longtemps, mais c'est...
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